ALCOOL : Ils décryptent par le menu les effets de l’éthanol sur le système digestif
Foie, tractus gastro-intestinal, pancréas, vésicule biliaire, cette équipe de gastroentérologues et de biologistes de l’Université de Naples, décrypte par le menu, les effets de l’éthanol sur le système digestif. Cette revue très complète de la littérature, publiée dans le Journal of Translational Gastroenterology, contribue à expliquer le risque accru, avec une consommation excessive d’alcool, de nombreux types de cancer.
La consommation excessive d'alcool est un problème de santé publique majeur bien connu et responsable d'environ 6 % des décès. L’alcoolodépendance contribue à plus de 5 % de la charge de morbidité mondiale et est un facteur de risque majeur et documenté pour plus de 200 maladies, dont la cirrhose du foie, la pancréatite et le cancer de l'œsophage, avec une incidence particulièrement élevée de maladies gastro-intestinales.
Plus de 50 % des décès liés à l'alcool sont causés par des maladies gastro-intestinales,
ce qui souligne l'importance de comprendre les effets de l'éthanol sur le système digestif.
Cette revue de la littérature apporte
le premier aperçu du métabolisme complet de l'éthanol
et contribue ainsi à expliquer le développement des maladies causées par la consommation d'alcool.
- Sur le foie
Le foie joue un rôle central dans le métabolisme de l'éthanol, absorbant environ 90 % de l'alcool ingéré. L'éthanol est métabolisé en acétaldéhyde par l'alcool déshydrogénase, l’acétaldéhyde est ensuite métabolisé en acétate, ce qui conduit à la production de dioxyde de carbone et d'eau.
L'acétaldéhyde est un composé hautement toxique,
qui peut endommager les cellules hépatiques, provoquant des affections telles que la stéatose, la stéatohépatite, l'hépatite alcoolique, la fibrose hépatique, la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire (ou cancer du foie). La consommation chronique d'alcool accélère les lésions hépatiques, active des facteurs de risque tels que les polymorphismes génétiques. Les femmes, en particulier, sont plus sensibles aux lésions hépatiques induites par l'alcool en raison de différences dans leur métabolisme et leur composition corporelle.
- Sur le tractus gastro-intestinal
Le tractus gastro-intestinal est souvent le premier site à présenter des lésions réversibles ou irréversibles dues à une consommation excessive d'alcool. L'alcool peut entraîner des stomatites, des maladies parodontales et des altérations du microbiote buccal. Au niveau de l'œsophage, les effets toxiques de l’alcool induisent l'œsophagite, le reflux gastro-œsophagien (RGO) et à un risque accru de cancer de l'œsophage,
notamment en cas de tabagisme.
L'alcool affecte également la motilité gastrique et l'intégrité de la muqueuse, contribuant à des affections telles que la gastrite, les ulcères gastroduodénaux et, à terme, le cancer gastrique. La consommation chronique d'alcool peut altérer la fonction de la barrière intestinale, entraînant une perméabilité intestinale, une dysbiose et une malabsorption des nutriments. Ces altérations augmentent le risque de diarrhée et contribuent au développement du cancer colorectal.
- Sur le pancréas
L'abus d'alcool est l'une des principales causes de pancréatite. La pancréatite aiguë et la pancréatite chronique sont des conséquences fréquentes de la consommation d'alcool. La consommation excessive d'alcool entraîne une inflammation et des lésions du tissu pancréatique et dans le cas de la pancréatite chronique, une inflammation persistante, une fibrose et une insuffisance pancréatique. L’alcool exerce des effets à la fois
des effets toxiques directs sur les cellules pancréatiques
et des effets indirects via l'activation des voies inflammatoires et fibrotiques. Le cancer du pancréas est également une conséquence grave de l'abus d'alcool à long terme, l'alcool étant alors fréquemment associé au tabagisme.
- Sur la vésicule biliaire
La consommation d'alcool est associée à un risque accru de calculs biliaires et de maladies de la vésicule biliaire. L'alcool peut altérer la composition de la bile, contribuant ainsi à la formation de calculs biliaires et entraîner une inflammation de la vésicule biliaire, entraînant des affections comme la cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire). L’alcool accroît encore le stress oxydatif et favorise la sécrétion de cytokines inflammatoires.
Ainsi, l'alcool est un facteur de risque important de plusieurs cancers gastro-intestinaux, dont ceux de l'œsophage, de l'estomac et du côlon. Associée au tabagisme, la consommation excessive d’alcool augmente significativement le risque de carcinome épidermoïde de l'œsophage et de cancer gastrique. Elle est également associée à un risque accru de cancer colorectal…
On l’aura compris, avec ce large bilan des effets de l’alcool sur le système digestif, sa consommation chronique entraîne
des lésions, de la bouche au rectum.
La gravité des lésions dépend de facteurs tels que la quantité et la fréquence de la consommation, du type d’alcool consommé, de la prédisposition génétique et d'autres facteurs de risque. Le dépistage et la prise en charge précoces de ces lésions induites par l'alcool sont essentiels pour prévenir l'évolution vers des affections plus graves comme ces multiples cancers.
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