CANCER du SEIN : Pourquoi il faut réagir très vite
Cette recherche, la première du genre, définit le délai critique pour opérer d’un cancer du sein : l’équipe d’oncologues de l’Université d'Oklahoma estime ainsi, dans la revue Breast Cancer Research, que pour certains types de cancer du sein, les moins agressifs, dépasser un délai « fatidique » de 42 jours pour la chirurgie augmente considérablement le risque de décès. Des données qui engagent les patientes comme les médecins à réagir au plus vite.
L’auteur principal, le Dr Takemi Tanaka, chercheur à l'Université d'Oklahoma précise que les sous-types de cancer du sein les plus touchés par un report de la chirurgie sont ceux qui présentent le meilleur pronostic : les cancers du sein à récepteurs hormonaux positifs, c'est-à-dire ceux qui utilisent des œstrogènes ou de la progestérone pour se développer, et les cancers HER2 négatifs, dont les taux de protéine HER2 sont faibles- des taux élevés de protéine HER2 étant associés à une croissance cancéreuse plus agressive.
Le traitement initial de ces sous-types est la chirurgie. Cependant, lorsque la chirurgie est reportée
au-delà d’un certain délai, le risque de décès augmente de façon exponentielle.
L’étude menée auprès de patientes atteintes de différents sous-types de cancer du sein révèle que :
- attendre pour opérer au-delà de 42 jours après le diagnostic est associé à un risque de décès plus élevé ;
- précisément, c’est à partir de ce délai que le risque commencé à augmenter ;
- à 60 jours, le risque de décès est déjà accru de 21 % ;
- à 90 jours, le risque de décès est accru de 79 % ;
- à 120 jours, de 183 % ;
- au total, les patientes atteintes d'un cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs et opérées 61 à 90 jours après le diagnostic présentent un risque accru de 18 % de voir leur tumeur évoluer vers un stade plus grave que celles opérées dans les 30 jours suivant le diagnostic ;
- les patientes atteintes d'un cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs et opérées après 90 jours présentent un risque accru de 47 % rde voir leur tumeur évoluer vers un stade plus grave.
- en revanche, les sous-types à récepteurs hormonaux négatifs et « triple négatif », agressifs et invasifs, à mauvais pronostic, sont moins « impactés » par les reports de traitement.
-
« C'est une découverte importante, car 42 jours peuvent passer très vite ».
Cette conclusion est d’autant plus préoccupante que les auteurs soulignent qu’aux Etats-Unis, et dans les pays riches, les délais d’intervention sont plutôt en augmentation. De nombreux facteurs sont en cause, les délais de diagnostic et de prise de décision thérapeutique, le processus préopératoire qui peut prendre plusieurs jours mais aussi les obligations professionnelles ou familiales des patientes. Enfin, de nombreuses patientes souhaitent un 2è avis, d'autres femmes en âge de procréer souhaitent envisager la conservation des ovules. Autant de considérations importantes pour les patientes mais qui prennent du temps.
Les recommandations engagent la plupart des femmes atteintes d'un cancer du sein à subir la chirurgie du cancer dans les 60 jours qui suivent le diagnostic.
« Cependant, certaines femmes gagneraient beaucoup à être opérées bien avant ».
Pourquoi ce report n’impacte-t-il que certains types de cancer du sein ? Les chercheurs émettent plusieurs hypothèses, l’une d'elles étant que, comme ces cancers évoluent plus lentement, ils ont une plus grande marge de progression, contrairement aux cancers déjà invasifs. Une autre hypothèse porte sur la biopsie, qui semble provoquer une réaction inflammatoire susceptible d'alimenter la croissance tumorale.
Globalement, ces conclusions sont en ligne avec de précédentes recherches : les auteurs citent une méta-analyse canadienne de 2020 portant sur 17 types de cancer qui concluait que le report du traitement est un facteur contributif essentiel au risque de décès dans plusieurs types de tumeurs solides, avec notamment une augmentation du risque de 6 % à 8 % pour chaque délai supplémentaire de 4 semaines avant la chirurgie.
Un essai clinique doit être lancé très prochainement pour mieux comprendre comment le retard de traitement contribue à l'augmentation rapide du risque de décès.
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