JEÛNE INTERMITTENT : Et s’il était aussi favorable à la libido ?
Ses bénéfices sont nombreux et bien documentés, en particulier pour la santé métabolique, mais c’est la première fois qu’une recherche révèle les avantages du jeûne intermittent pour la santé sexuelle. Cette équipe du German Center for Neurodegenerative Diseases (DZNE, Göttingen) révèle en effet, avec cette étude préclinique présentée dans la revue Cell Metabolism, les effets positifs de ce régime alimentaire sur la libido.
La restriction alimentaire et le jeûne intermittent font l’objet de nombreuses recherches, l’alimentation et le microbiote intestinal révélant simultanément leur rôle majeur dans la santé.
L’équipe du Dr Dan Ehninger, chercheur au DZNE s’intéresse aux effets du jeûne sur le vieillissement et étudie chez la souris modèle, les mécanismes biologiques sous-jacents. Les résultats de cette nouvelle recherche ouvrent la voie à une nouvelle option thérapeutique basé en particulier sur la sérotonine.
Le jeûne prolongé, par cycles de 24 heures, apparaît en effet augmenter la libido -ici chez la souris- en réduisant la concentration du neurotransmetteur sérotonine dans le cerveau. Cet effet est lié à une carence en tryptophane, un acide aminé induit par l’alimentation.
Le jeûne, une approche pour la baisse de libido chez l’Homme ?
L’étude est basée sur une découverte fortuite : des souris mâles âgées ayant jeûné pendant de longues périodes ont produit un nombre inhabituellement élevé de descendants. A partir de là les chercheurs se sont mis à étudier de plus près les effets du jeûne sur la reproduction. La recherche révèle que :
- ce phénomène de descendance plus importante n'était pas dû aux effets du jeûne sur les organes reproducteurs ou sur le statut endocrinien ;
- des modifications testiculaires liées à l'âge, une qualité spermatique réduite et un taux de testostérone plus faible, en revanche, constituaient, chez ces souris modèles, autant de facteurs pouvant significativement réduire la fertilité ;
- finalement, les scientifiques observent un changement de comportement : les souris mâles soumises au jeûne entreprennent un plus grand nombre de contacts sexuels que les souris ayant accès librement à la nourriture ;
- les modèles soumis au jeûne présentent, en d’autres termes, une fréquence d'accouplement inhabituellement élevée ;
- ce comportement d'accouplement compense de plus largement les limitations physiologiques liées à l'âge.
Jeûner 24 heures pour booster sa libido ? Les chercheurs précisent que cet effet ne se développe qu’au bout d’un certain temps de jeûne : si l’augmentation du comportement d’accouplement est également observée chez les souris plus jeunes, ces souris mâles avaient néanmoins commencé le jeûne intermittent à l’âge de 2 mois. En revanche, ce comportement n’est pas observé chez des souris qui n’avaient effectué que quelques semaines de jeune…
Quel mécanisme ? Certains neurotransmetteurs influencent le comportement sexuel, certains exerçant un effet stimulant, d'autres un effet inhibiteur. Un facteur se révèle ici déterminant, la sérotonine, un messager chimique généralement associé à des effets inhibiteurs, présente avec le jeûne prolongé à des niveaux anormalement bas.
« Ces modèles étaient, pour ainsi dire, sexuellement désinhibés »,
écrivent les auteurs.
La sérotonine est principalement produite dans le tube digestif, mais aussi dans le cerveau, où elle agit comme neurotransmetteur et assure la communication entre les neurones. Cependant, sa synthèse dépend du tryptophane, un acide aminé, qui doit être apporté par l'alimentation ou libéré par la dégradation des réserves protéiques de l'organisme, comme celles présentes dans les tissus musculaires. Le tryptophane est considéré comme un acide aminé essentiel, ce qui signifie que ni la souris ni l'homme ne peuvent le synthétiser seuls. Par conséquent,
l'apport alimentaire joue un rôle clé dans la régulation des taux de tryptophane dans l'organisme
et le manque de sérotonine est donc clairement lié au jeûne.
En synthèse, l’étude révèle, chez la souris, qu’une réduction d’environ 15 % de l’apport calorique et donc de l’apport en tryptophane induit une baisse des taux de sérotonine suffisante à rebooster le comportement sexuel.
Le jeûne intermittent, sous réserve de valider ce mécanisme chez l’Homme, pourrait donc constituer une nouvelle approche thérapeutique naturelle contre la baisse de libido et de fonction sexuelle, ou trouble de la libido hypoactive qui touche particulièrement les adultes plus âgés.
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