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MALADIE AUTOIMMUNE : Trop souvent diagnostiquée comme un trouble psychosomatique !

Actualité publiée il y a 1 année 2 semaines 16 heures
Rheumatology
Ces travaux appellent les cliniciens à mieux se former aux symptômes de ces maladies difficiles à diagnostiquer, et à un meilleur soutien et une meilleure information des patients (Visuel Fotolia 132232139)

Cette étude menée à l’Université de Cambridge et soutenue par Lupus UK and The Lupus Trust, met en exergue tous les dommages à long terme sur le bien-être physique et mental qui peuvent être causés par le diagnostic erroné de maladies auto-immunes telles que le lupus et la vascularite comme des troubles psychosomatiques. Des conclusions, publiées dans la revue Rheumatology, qui appellent les cliniciens à mieux se former aux symptômes de ces maladies difficiles à diagnostiquer, et à un meilleur soutien et une meilleure information des patients.

 

C’est à la fois en raison d’un manque de formation mais aussi d’une communication insuffisante avec le patient, que les médecins en viennent, parfois, à diagnostiquer des troubles auto-immunes à tort comme des troubles psychiatriques ou psychosomatiques.

 

Il est vrai que certaines maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, le lupus et la vascularite sont des troubles inflammatoires chroniques qui affectent le système immunitaire et peuvent endommager les organes et les tissus de tout le corps. Ces maladies peuvent être très difficiles à diagnostiquer car elles peuvent entraîner un large éventail de symptômes, dont beaucoup peuvent être invisibles, comme une fatigue extrême et la dépression ou communs avec d’autres maladies.

 

L’étude menée auprès de plus de 3.000 participants, dont des patients et leurs médecins, révèle que ces diagnostics erronés sont pourtant associés à des impacts sévères et à long terme sur la santé physique patients ainsi qu’à une perte de confiance dans les services de santé. L’analyse précisément des données de 2 grands groupes de plus de 1.500 patients, et des entretiens approfondis avec 67 patients et 50 cliniciens révèlent que :

 

  • les patients ayant reçu à tort un diagnostic de trouble psychosomatique ou de santé mentale ont un risque plus élevé de dépression et d'anxiété et un bien-être mental plus faible ;
  • plus de 80 % des patients ayant reçu un diagnostic erroné ont ressenti une atteinte à l’estime de soi ;
  • 72 % de ces mêmes participants se déclarent toujours « bouleversés » parfois des dizaines d’années plus tard ;
  • la plupart de ces patients avouent une moindre satisfaction et un manque de confiance vis-à-vis des services de santé ;
  • enfin, de nombreux patients « s’en sont voulu » pour leur état, pensant que leurs pensées négatives étaient responsables de ces troubles.

« Quand mon rhumatologue m’a renvoyé, j’étais déjà suicidaire, cela m’a fait basculer »

déclare même un des patients interviewés.

 

L’un des auteurs principaux, le Dr Melanie Sloan, du département de soins primaires de l’université de Cambridge, conclut : « Bien que de nombreux médecins aient eu l’intention de se montrer rassurants en suggérant une cause psychosomatique ou psychiatrique pour des symptômes initialement inexplicables, ces types d’erreurs de diagnostic induisent une multitude de sentiments et d’effets négatifs sur la vie, l’estime de soi et les soins ».

 

Certes, il est difficile de diagnostiquer les maladies rhumatismales auto-immunes et le risque d’erreur de diagnostic est élevé. Cependant, les effets de diagnostics erronés sur la santé globale des patients devraient être mieux pris en compte.

L’écoute des patients prime :

« Tout le monde, médecins comme patients, doivent comprendre que les maladies auto-immunes peuvent se présenter de manière inhabituelle et qu’il est essentiel d’écouter attentivement les patients pour éviter les dommages durables que peut entraîner un mauvais diagnostic erroné ».

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