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RÉGIME CÉTOGÈNE : Comment il apaise l’épilepsie réfractaire

Actualité publiée il y a 2 semaines 5 jours 11 heures
Annals of Neurology
Ces travaux décryptent comment le régime cétogène peut prévenir les crises d'épilepsie lorsque les médicaments sont inefficaces (Visuel Adobe Stock 1860805212)

Cette découverte d’une équipe de neurologues de l'Université de Virginie, contribue à expliquer comment le régime cétogène peut prévenir les crises d'épilepsie lorsque les médicaments sont inefficaces. Alors que de nombreux patients ne tolèrent pas le régime cétogène en raison de sa forte teneur en graisses, ces nouvelles données, présentées dans les Annals of Neurology, engagent à développer de nouveaux médicaments aux effets bénéfiques similaires à ceux du régime cétogène.

 

Le régime cétogène, pauvre en glucides est déjà documenté comme protecteur contre les crises d'épilepsie et possiblement contre des maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson. Ce régime est ainsi utilisé depuis les années 1920 pour réduire les crises chez les patients atteints d'épilepsie pharmacorésistante ou réfractaire. Jusqu’à cette recherche, le mécanisme exact d'action de ce régime contre les crises restait incompris.

 

L’auteur principal, le Dr Jaideep Kapur, un expert de l’épilepsie, également codirecteur de l'Institut du cerveau de l'Université de Virginie, et son équipe apportent des réponses : « L'organisme transforme les nutriments issus du régime cétogène en un corps cétonique appelé β-hydroxybutyrate. Nous avons découvert que le β-hydroxybutyrate « aidé » par la protéine HCAR2 contribue à la réduction des crises d'épilepsie en régulant l'activité et la communication des cellules cérébrales ».

 

Cette découverte pourrait permettre aux patients, via

des médicaments mimant les effets du régime cétogène,

de bénéficier des avantages du régime sans les restrictions alimentaires.

Comment le régime cétogène apaise le cerveau

Le régime cétogène vise à inciter notre corps à brûler les graisses plutôt que les glucides comme source d'énergie. Si cela peut présenter des avantages évidents pour ceux qui cherchent à perdre du poids, ce régime entraîne également des changements moins visibles dans l'organisme :

 

  • il incite notre foie à produire des molécules appelées cétones (cétose), qui remplacent les glucides facilement assimilables comme carburant pour nos cellules cérébrales ;
  • l'une de ces cétones, le β-hydroxybutyrate, interagit avec un récepteur cellulaire spécifique pour réduire les crises d'épilepsie
  • – la démonstration est ici effectuée chez les souris de laboratoire ;
  • ce mécanisme repose sur l'apaisement des cellules nerveuses appelées neurones ;
  • cartographié dans l'hippocampe, la partie du cerveau où les crises d'épilepsie débutent souvent, le récepteur 2 de l'acide hydroxycarboxylique, apparaît concentré dans un type cellulaire particulier déjà associé aux crises d'épilepsie ;
  • ce récepteur est également retrouvé à niveaux élevés dans les cellules immunitaires appelées microglies, qui protègent le cerveau.

 

Quelles applications ? Il serait possible de développer des médicaments permettant aux patients de bénéficier des effets bénéfiques du régime cétogène sur le cerveau sans avoir à le suivre. La niacine (vitamine B3) qui reproduit certains effets du régime cétogène, pourrait apporter un certain bénéfice, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour déterminer si ce bénéfice se vérifie chez l'humain.

 

« Nous étudions actuellement comment ce récepteur module les réponses immunitaires cérébrales par l'intermédiaire des microglies, avec l’objectif de développer de nouvelles thérapies contre l’épilepsie pharmaco résistante et potentiellement d’autres troubles comme la sclérose en plaques et la maladie d’Alzheimer ».

 

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